Wentworth Miller fut le personnage principal de la série télévisée Prison Break pendant quatre ans mais il connait son rôle de petit nouveau dans la franchise Resident Evil avec Milla Jovovich en tête d’affiche et basé sur le populaire jeu vidéo de zombies.
« Milla donne le ton, je savais ce qu’il se passait et je lui suis reconnaissant pour cette dynamique.» dit Miller, qui joue Chris Redfield, à propos de la façon dont Jovovich joue l’héroïne Alice dans Resident Evil : Afterlife, le quatrième volet de la série qui sort sur les écrans ce vendredi – aux USA.
« Pour raconter cette histoire, il était essentiellement question de cascades et de physique, tandis que avec Prison Break, en étant l’un des acteurs principaux de cette série d’une heure pendant 4 ans, pour être honnête, parfois c’était un challenge d’être l’un des gars qui tirait la charrette. Cela impliquait beaucoup d’autres responsabilités qui concurrençaient et parfois même portaient atteinte au jeu d’acteur devant la caméra. »
Pourtant maintenant, Miller travaille derrière la scène en tant que scénariste débutant. Pour le moment, il a écrit deux scénarii – Stoker, mélange de drame familial et de film d’horreur, et son préquel Oncle Charlie – que Miller décrit comme étant « La chose la plus créative et la plus satisfaisante que j’ai fait jusqu’à présent, y compris ce que j’ai fait en tant qu’acteur ». Nous avons discuté pour un article de la page Who’s new page du week-end mais lisez ci-dessous pour en savoir plus sur sa carrière.
Resident Evil est très populaire parmi les joueurs de jeux vidéo. Faites vous partie de cette catégorie ?
WM : Je n’ai jamais joué aux jeux vidéo. Mes parents insistaient sur les devoirs quand j’étais enfant ce qui ne laissait pas beaucoup de temps pour les jeux vidéo et les bandes dessinées de super héros. Maintenant, étant un vieux de 38 ans, je pense que j’ai laissé passer ma chance (rires). Je prends mon pied en faisant partie de cette franchise tirée d’un jeu vidéo.
Il semblerait que beaucoup de personnes parlent de vos scénarii. En tapant « Wentworth Miller » sur Google, on trouve beaucoup de choses sur Stoker. Ca vous fait plaisir d’avoir plus de pages sur cela maintenant que sur Prison Break ?
WM : Je ne me préoccupe pas beaucoup des recherches faites en tapant « Wentworth Miller » (rires). Ca me fait plaisir d’apparaitre petit à petit avec le statut officiel à deux faces : acteur et scénariste. Ca me fait sourire. Je ne sais pas si cela sera vrai sur le long terme, ce n’est peut-être que temporaire, mais je m’en tire pleinement satisfaction.
Pensez-vous que d’écrire inspire un acteur et/ou vice versa ?
WM : Tout à fait. Tout d’abord, j’ai aimé écrire sur bien des points. L’une des raisons, c’est que c’est une expérience qui vient de moi seul. Sur un plateau, vous avez l’habitude d’attendre que cent personnes fassent leur travail avant d’avoir une chance de faire le votre. C’est par nature un processus collectif et ça prend le temps que ça prend tandis que quand vous écrivez quelque chose, quoi que ce soit, à l’évidence, ce n’est que vous et votre ordinateur. J’ai vraiment aimé cela. Jusqu’à maintenant, je n’ai été que comédien, je n’ai vu ce milieu que du point de vue de l’acteur. Et au final, vous arrivez sur le tournage, vous avez appris votre texte et vous le ressortez du mieux que vous pouvez. Mais vous n’êtes pas là quand votre performance est assemblée en salle de montage. Le désir de faire partie d’un processus plus large – que ce soit de jouer, d’écrire ou de faire le montage – est un développement naturel pour beaucoup d’acteurs, y compris moi.
De jouer vous a-t-il manqué pendant que vous écriviez tout ça ?
WM : (rires) Pas du tout. Ce qui me plait, c’est que pour la première fois depuis longtemps, j’ai plus d’un fer au feu. Pendant 4 ans, avec Prison Break, j’avais un gros fer au feu et j’avais l’impression qu’il n’y avait de la place pour rien d’autre. Mais maintenant avec l’écriture et le jeu d’acteur, qui espérons le reviendra à un moment ou à un autre, j’ai trouvé mon équilibre, un équilibre que je n’avais pas avant et le sentiment d’avoir des opportunités est, pour un acteur dans ce milieu, très rafraichissant.
Deux scénarii en cours, avez-vous l’impression d’avoir trouvé votre voie ?
WM : J’aimerais imaginer, et même comme acteur, qu’il y a des évolutions à attendre. Ces deux scénarii sont prêts au départ – je suis très heureux de la façon dont ils avancent et je suis enthousiasmé par l’attention qu’ils ont suscité jusqu’à présent. J’imagine que dans 5 ans ou dans 10, si je m’assois pour écrire un autre scénario ou mon 100ème scénario, cela semblera très différent car je serai très différent.
En écrivant Stoker et Oncle Charlie, qui parlent d’angoisse familiale, de mystère et d’horreur, qu’est ce qui vous a inspiré pour ce genre ?
WM : J’aime beaucoup les histoires qui mélangent les genres. Même quelque chose comme Shinning, que vous pouvez citer comme un exemple classique de film d’horreur, je pense aussi que c’est un drame familial. Selon moi, il n’est pas un genre spécifique. Mais je ne pensais pas en termes de genre lorsque je me suis assis pour écrire ces deux scénarii. J’ai juste pensé à l’histoire qui me plait le plus et peu importe où cela allait me mener, je dois suivre l’inspiration. Avec un peu de chance, je vais pouvoir trouver quelqu’un dans ce milieu qui voit cela et le respecte pour ce que c’est et qui ne va pas essayer de le faire rentrer dans une case ou une autre. Et que cette personne va m’aider à le mener devant le plus grand public possible.
Quels pièges avez-vous trouvé en écrivant un scénario ? Cela semble un exercice d’écriture complètement différent des autres.
WM : Je sais que vous pouvez trouver beaucoup de livres (aux USA pas en France) et beaucoup de cours que vous pouvez suivre pour apprendre à écrire un scénario, mais je n’en ai étudié aucun. (rires) J’ai juste décidé de passer par-dessus cet obstacle et de voir ce qui se trouvait de l’autre côté. Mais j’ai entendu un point crucial, c’est que chaque scène doit faire avancer votre compréhension de l’histoire et des personnages. Si ce n’est pas le cas, laisse la tomber. Cela peut être difficile car vous pouvez imaginer une grande scène ou un grand moment ou un super dialogue que vous adorez mais qui ne fait pas avancer l’histoire ou les personnages de façon significative. Je pense, sans vouloir passer pour un prof de littérature prétentieux, qu’il y a une citation Tennessee Williams qui parle de tuer vos petits chéris. Et il y a un peu de tout ça dans ces deux scénarii. Ce fut dur de voir ces passages que j’apprécie passer à la trappe pour le bénéfice d’une histoire plus générale, plus tendue, plus juste. C’est un impératif.
Regardez-vous les scénarii différemment maintenant que vous êtes un scénariste par rapport au moment où vous n’étiez qu’acteur ?
WM : Je regarde certainement les scénarii que je reçois maintenant d’une façon différente. Et quand je vais voir un film, je n’apprécie pas uniquement ce qu’on voit visuellement, mais je cherche à entendre les dialogues comme ils ont été écrits et je m’imagine la façon dont les scènes ont été montées. C’est une science autant qu’un art. Et les meilleurs scénarii que l’on peut trouver cache la science. Vous ne voyez pas la formule. C’est tellement imbriqué dans l’histoire en général que vous n’avez pas conscience des mécaniques qui travaillent. Ceci étant dit, j’ai hâte de voir quel sera le prochain chapitre et ce qu’il contient. Je sais que l’apprentissage fait partie du processus comme pour chaque facette de ce milieu.
Serez-vous plus difficile quand vous choisirez un rôle maintenant que vous avez cet apprentissage ?
WM : J’ai la chance d’être en position de choisir. Ceci étant dit, en ce qui me concerne, un rôle est un rôle, que ce soit au théâtre, au cinéma ou dans une série TV. Il y a un discours mille fois rabattu dans ce milieu comme quoi un acteur TV qui termine une série qui l’a mis sur le marché doit à présent considérer qu’il est temps qu’il saute le pas et voir s’il peut devenir un acteur de cinéma. Je ne souscris pas à ce discours. Ce n’est pas moi. La première chose que j’ai faite après l’arrêt de Prison Break fut de tourner dans un épisode de New York Unité Spéciale, je pense que cela démontre mon point de vue. Il s’agit moins de mener ma carrière quelque part et de faire partie d’une histoire qui emmène les gens, qu’elle soit grande ou petite.
Quel est votre truc pour relâcher la tension après avoir passé les heures à écrire sur un ordinateur ?
WM : La musique, aller au musée ou au cinéma, aller me promener, ce sont des moyens de faire avancer la petite bulle que vous avez créée pour vous-même pendant que vous écriviez les pages. Prendre l’air, regarder autour de vous et revenir à la vie. Vraiment, au final, tout ce que vous avez à mettre dans votre histoire, c’est ce que vous avez appris le long du chemin. Donc continuer d’absorber comme une éponge, d’apprendre et vous exposer à différentes influences, c’est le meilleur moyen de créer quelque chose qui n’est pas seulement puissant en termes d’expériences personnelles en tant que création pour vous, mais aussi quelque chose que quelqu’un qui n’est pas vous, peut s’assoir, apprécier et prendre du bon temps.
Combien d’idées de scénarii avez-vous en tête ou allez-vous attendre ces deux là soient choisis pour écrire autre chose ?
WM : Pour voir si on apprécie ce que j’ai à offrir ? (rires) Je n’ai consciemment aucun plan. Je vous confie qu’après avoir terminé Stoker, pendant quelques semaines où je me suis senti moins bien, où je me demandais si j’avais écrit la seule histoire que j’avais à écrire. C’était terminé pour moi ! Et puis, j’ai écrit le préquel, que je n’ai pas vu arriver, qui a surgi néanmoins. Je reste dans l’espoir que cela présage et cache quelque chose à venir. J’ai quelques idées qui mijotent, le fait que je m’assois pour les écrire ou pas n’a rien à voir avec le fait que je pense qu’elles puissent trouver un public, dans le milieu ou hors du milieu. Une fois que vous avez commencé à jouer ce jeu de séduction – qu’est ce que j’ai à vendre ? Qu’est ce que les gens peuvent bien s’imaginer ? Qu’est ce que les gens du marketing vont rapidement pondre ? Vous écrivez pour quelqu’un d’autre et cela impacte la qualité de l’histoire que vous avez à offrir.
Aucuns
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